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Cover story: la pochette de "Californication" des Red Hot Chili Peppers par Lawrence Azerrad

En 1999, John Frusciante revient dans les Red Hot Chili Peppers et le meilleur « line-up » du groupe enregistre un album mémorable: « Californication ». La pochette marquera également son époque. Lawrence Azerrad, créateur de la pochette, a accepté de répondre à mes questions à propos de la réalisation de celle-ci. A lire ci-dessous …

Californication (1999): un album majeurs des Red Hot Chili Peppers
  • Comment avez-vous été contacté par les Red Hot Chili Peppers pour travailler sur cette célèbre pochette?

LA: Je travaillais comme jeune directeur artistique pour Warner à l’époque. Anthony Kiedis (le chanteur des Red Hot) souhaitait travailler en étroite collaboration avec un designer. Le dircteur créatif nous a mis en relation. D’après mes souvenirs, lors de notre premier rendez-vous, nous nous sommes directement mis au travail.

  • Quel était le concept de cette pochette mémorable?

LA: La base du concept derrière cette pochette était un rêve qu’avait fait John Frusciante à l’époque. Anthony m’avait simplement décrit le rêve de cette façon: ‘il y avait une piscine, et le ciel était dans l’eau, et l’eau était dans le ciel’. Je travaillais également avec John sur ce projet, mais Anthony était le moteur principal de nos discussions sur l’avancée du travail, Flea, lui, était en Australie. Après, nous avons du traduire ce rêve esthétique en image et cette image devait être une représentation de la musique du groupe, cela devait représenter quelque chose dans lequel le groupe se sentait à l’aise. Avec John et Rick Rubin, le producteur, qui étaient de retour, on devait mettre l’accent sur le fait que ça allait être un album épique. Mon rôle était de communiquer cet aspect à travers la pochette de l’album. Tout cela étant extrêmement inspiré par les célèbres pochettes des grands albums des années 70. Ca m’a influencé sur le choix de ce style de grande image surréaliste à utiliser sur un petite format (CD). L’un des grands challenge a été de trouver la bonne piscine pour la photo. Nous avons fait des essais sur des centaines de piscines différentes de la région de Los Angeles. Celle que nous avons finalement utilisée, c’était une piscine qui appartenait à des amis du groupe et qui était situé dans la vallée de LA.

  • En combien de temps avez-vous réalisé cette pochette?

LA: Il m’est impossible de m’en souvenir précisément, je dirais 5 semaines environ. Finalement, j’ai été enrôlé pour travailler dans tout ce qui entourait la sortie de l’album au niveau du design, donc j’ai travaillé un an avec les Red Hot.

  • Comment pourriez-vous décrire l’ambiance de travail avec les membres du groupe?

LA: Les relations de travail que nous avons eues ont été plus que gratifiantes. J’ai surtout beaucoup travaillé avec Anthony. Il y avait un divan dans mon bureau, juste derrière l’écran. Lui et son assistant Louis travaillaient assis dans ce divan, ils assistaient à l’avancée du travail et ils passaient pas mal de temps dans mon bureau. John venait également, mais plus brièvement, mais j’ai eu l’occasion de travailler plus directement avec lui sur un de ses albums solos. A la fin du projet, ils ont vraiment apprécié ce que j’avais réalisé et étaient très sympas. J’ai vraiment été honoré d’avoir travaillé avec eux.

  • Avez-vous envisagé d’autres concepts que cette piscine?

LA: Bonne question. Il y avait effectivement un autre concept que nous avons envisagé, et ça devait représenter leur sang. Ils avaient littéralement demandé à une infirmière de regrouper leur sang et d’en faire une photo. L’idée était d’élargir leurs traces de sang au microscope et d’en faire une pochette. Visuellement, ça ne fonctionnait pas, et ils voulaient aller de l’avant. C’est ainsi qu’on a commencé à travailler sur le concept de la piscine. Pour ne pas abandonner complètement le concept « sang », j’ai trouvé un docteur/photographe qui était spécialisé dans l’imagerie médicale 3D. En utilisant les images réalisées par le docteur, nous avons réalisés des collages et des motifs dans l’espoir d’un faire un pochette… On a testé différentes choses mais finalement c’est la concept « piscine » que l’on a choisi.

  • « Californication » est aujourd’hui considéré comme un grand classique de l’histoire du rock. Sa pochette est resté gravée dans les mémoires. Comment vous sentez-vous par rapport à cette véritable reconnaissance du public?

LA: C’est toujours agréable quand le travail de quelqu’un peut prendre part dans un projet aussi spécial, musicalement et culturellement parlant. En tant que graphiste, l’aspect le plus gratifiant est de savoir que mon travail est apprécié. La pochette représente une sorte d’icône de l’album et savoir que les fans l’apprécient est vraiment gratifiant. Le processus de travail graphique a vraiment est le fruit d’une véritable collaboration avec le groupe, étape par étape. Les médias et la culture évoluent sans cesse mais je suis convaincu que la rôle de la pochette persistera. Ce ne sera peut être plus sur une boite de CD, mais ça restera une icône, un symbole d’un album.

  • Pour conclure, parlez-nous de votre travail aujourd’hui et des musiciens avec lesquels vous collaborez actuellement

LA: Depuis 2001, je suis graphiste indépendant, sur www.laddesign.net . J’ai eu l’occasion de continuer mon travail avec des groupes et artistes musicaux (Herbie Hancock, Wilco, Brad Mehldau sont mes clients les plus récents). Mais ma clientèle s’est aussi étendue et je réalise des identités visuelles pour des hotels, des spas, des films et des agences media… J’ai véritablement un vaste réseau de clients dans des domaines différents. Mon objectif principal est de concevoir quelque chose de visuel qui soit mémorable et durable. Pour moi, le graphisme reste une passion, je m’amuse beaucoup quand j’arrive à ce résultat.

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Iggy Pop à Paris (conférence de l'album "Préliminaires")

J’ai eu la chance d’assister jeudi dernier (26 mars) à la conférence de presse d’Iggy Pop qui se déroulait à Paris dans un hôtel prestigieux situé non loin du Louvre. Alors que la conférence n’avait pas encore commencé et que j’attendais, avec les autres journalistes présents, l’arrivée de la star du jour, quelle ne fut pas ma surprise de sentir une main tapoter mon épaule et d’entendre l’accent américain très reconnaissable de l’Iguane me dire « Hey man, hi, how are you? ». Je me retourne et effectivement c’était bien lui, Iggy Pop en personne, qui arrivait, très cool, dans la salle de conférence de l’hôtel. Sympa pour une première impression (oui, je dois l’avouer, je suis un peu fan…)

C’est mon collègue Gilles Verlant (de l’émission 80’s sur Classic 21) qui animait la présentation de ce nouvel album. Alors, me direz-vous, de quoi est consitué ce disque « Préliminaires »?

Pour résumer les choses, « Préliminaires » n’est pas un album rock d’Iggy Pop, on est ici très loin des sonorités survoltées des Stooges ou du dernier album en date en solo (« Skull Ring »). C’est le jazz et la chanson française qui ont influencé Iggy sur ce nouveau LP.

 

une des photos d'Iggy Pop que j'avais prise lors du TW Classic 2008
une des photos d'Iggy Pop que j'avais prises lors du TW Classic 2008

 

Le point de départ de cette nouvelle aventure, que l’on peut considérer d’une certaine façon comme un « concept-album » (oui, oui, Iggy l’a presque avoué! Pas mal pour un type que l’on considère parfois comme l’un des parrains du punk), c’est le bouquin de Houellebecq « La possibilité d’une île ». Iggy est tombé littéralement amoureux de ce livre et s’est lancé, tout seul, dans la réalisation de nouvelles chansons basées de près ou de loin sur cette histoire.

Oui, tout seul comme un grand, simplement ‘armé’ de sa guitare acoustique. Puis, le projet a évolué tranquillement. A une moment, il a été question d’habiller ces morceaux et pour ce faire, il a eu besoin de musiciens. Mais l’Iguane n’avait pas trop envie de se rendre en studio, de rencontrer des musiciens et donc … il ne l’a pas fait! Des musiciens ont enregistré leurs parties musicales dans leur coin et le tout a été envoyé, mixé et rajouté aux enregistrements initiaux. Pour la production de la galette, Iggy a recontacté son ami et ancien bassiste (des 90’s) Hal Cragin.

Alors, après écoute, ça ressemble à quoi? Et bien, et il ne l’a pas caché, l’atmosphère est assez semblable à celle d' »Avenue B », l’album le plus introspectif et le plus personnel de la carrière du chanteur. C’est donc Iggy le crooner que l’on retrouve ici, l’Iggy « destroy » a semble-t-il pris quelques jours de congés. Cependant, ça reste un disque d’Iggy Pop et non pas de James Osterberg (il nous l’a précisé).

Perso, l’Iggy crooner me plait autant que l’Iggy « Raw Power », donc c’est du très bon cru.

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Iggy & Me après la conférence à Paris

 

Dernière chose, on y retrouve une reprise des « Feuilles Mortes », classique de la chanson française qui avait été  interprété à l’époque par Yves Montand. Iggy se la joue francophile, et ça fonctionne! Il nous a avoué être un grand amateur de chansons françaises. A la maison, loin de la scène, l’Iguane se délecte en écoutant Brel, Gainsbourg, Ferré et même Piaf (mais bon, pas tous les jours, comme il l’a précisé non sans humour).

« Préliminaires » sortira le 18 mai prochain.

Ecoutez Iggy nous parler de ce nouvel album (chez lui, tranquilou, à la maison):

 
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