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Les secrets de la pochette de "Crime of the Century" de Supertramp révélés par son auteur

Photographe britannique, Paul Wakefield a signé en 1974 la pochette de "Crime of the Century" de Supertramp, la toute première qu'il ait réalisée pour un album. Il explique comment l'idée de ces deux mains posées sur des barreaux chromés, perdues dans l'espace, est née des paroles qu'on lui a données au studio, et comment l'image a été obtenue sans retouche, par double exposition dans l'appareil. Il raconte aussi la pochette de "Crisis? What Crisis?" et son passage des pochettes à la photographie de paysage et de publicité.

Sorti en 1974, Crime of the Century est le troisième album de Supertramp. Sa pochette montre deux mains blanches posées sur des barreaux chromés qui flottent parmi les étoiles. Paul Wakefield participe aussi, un an plus tard, à celle de Crisis? What Crisis?, avant de se consacrer à la photographie de paysage et de publicité.

C'est le 25 septembre 2020, en pleine période de Covid, que je l'ai interviewé, par visioconférence et en anglais, et c'est cet entretien, traduit en français, que je propose ici. Paul Wakefield y revient sur la fabrication de la pochette de Crime of the Century, sur celle de Crisis? What Crisis? et sur la suite de sa carrière.


Laurent Rieppi : Comment avez-vous été amené à travailler avec Supertramp dans les années 70 ?

Paul Wakefield : Je suis à peu près certain que c'était la première pochette de 33 tours que je réalisais. J'étais photographe indépendant depuis quatre ans environ, après une formation en école d'art. Je travaillais pour des éditeurs de livres, des graphistes, des gens comme ça. Le travail était intéressant, mais il n'était pas très bien payé et il ne me mettait pas vraiment au défi. J'adorais ce qui se produisait comme art sur les pochettes, et c'est un espace bien plus grand, douze pouces de côté à l'époque. Elles intégraient souvent tout le concept, la typographie comprise, dans l'image de l'album. J'étais donc attiré par ce domaine, mais c'était très concurrentiel, beaucoup de gens voulaient en faire.

Je ne me souviens plus très bien. Je crois que j'ai téléphoné au directeur artistique de A&M Records, ou que quelqu'un m'a présenté à lui. À l'époque, il était beaucoup plus facile de voir quelqu'un en personne, il suffisait de téléphoner pour obtenir un rendez-vous. Dans les années 90 et 2000, c'est devenu de plus en plus difficile, et aujourd'hui, c'est à peu près impossible. Je travaille maintenant dans la publicité et on ne voit plus personne, même votre agent ne voit personne : votre PDF est envoyé, ou bien ils regardent votre Instagram ou votre site.

Je suis donc allé à ce rendez-vous avec mon portfolio, qui ne contenait aucune pochette, seulement des photographies de couvertures de livres. Je crois que le courant est passé, il s'est intéressé à mon travail et m'a invité à revenir pour rencontrer le groupe au studio d'enregistrement et les écouter enregistrer. Ils avaient déjà le titre, Crime of the Century, et il m'a dit : "Partez réfléchir à des idées et revenez." C'est comme ça que tout a commencé.

Laurent Rieppi : Avez-vous écouté tous les titres au studio, ou un seul ?

Paul Wakefield : C'était il y a longtemps, en 1974. J'avais vingt-cinq ans environ. C'était une période un peu folle, très excitante et assez angoissante, même si je ne suis pas certain d'avoir été si nerveux. Je ne m'en souviens pas. Je crois en tout cas avoir écouté une bonne partie de l'album. Ils m'ont aussi donné les paroles, avec ce titre, Crime of the Century, et cette question : quelle est la peine appropriée pour avoir commis le crime du siècle ? L'une des lignes disait quelque chose comme "ils me hantent et me narguent dans ma cage". Vous me corrigerez, vous en savez sans doute plus que moi. Je me suis dit que c'était une bonne ligne, et toute l'idée des barreaux est venue de là.

Laurent Rieppi : Comment l'idée de ces mains sur des barreaux, dans l'espace, s'est-elle imposée ?

Paul Wakefield : J'ai encore mes dessins originaux, mes petits croquis. Voilà le premier, vous le voyez ? C'est la toute première chose que j'ai faite. Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi l'espace. Je suppose que c'était l'idée d'être complètement seul. Il ne s'agissait pas seulement d'isolement, ni d'un simple confinement solitaire : on ne revenait jamais. On était dans l'espace. J'aimais l'idée qu'il n'y ait aucun mur, seulement ces cadres de barreaux métalliques. Je leur ai proposé quelques autres idées, mais c'est celle-là qu'ils ont aimée.

Nous en avons discuté davantage, et ils m'ont dit : "C'est bien, mais nous ne sommes pas sûrs pour le visage. À qui sera ce visage ?" J'étais tout à fait d'accord. Ils voulaient quelque chose de complètement anonyme, pour que chacun puisse se mettre à cette place. J'ai donc fait d'autres dessins, dont un avec deux mains posées sur les barreaux, que je trouvais bon parce qu'il exprime une forme de résignation : on est condamné à son sort et on ne peut pas se battre. J'en avais aussi un avec une main qui sortait, mais je trouvais que ça ne fonctionnait pas. On a retenu celui avec les seules mains sur les barreaux, avec cette sensation d'espace à l'intérieur comme à l'extérieur des barreaux.

Laurent Rieppi : Comment avez-vous fabriqué cette image, à une époque où Photoshop n'existait pas ?

Paul Wakefield : Une fois l'idée acceptée, il a fallu trouver comment la réaliser. À l'époque, il n'y avait aucun Photoshop, absolument aucun. Pour assembler des photographies, il fallait un retoucheur à la main, qui découpait et collait, peignait sur le film, peut-être sur le tirage, collait des images ensemble et les rephotographiait. Mais chaque fois que l'on fait cela, on perd en qualité. Il existait une autre méthode, qui consistait à tout faire dans l'appareil. Je l'avais déjà pratiquée un peu pour certaines couvertures de livres, j'avais donc une assez bonne idée de la manière de procéder.

J'utilisais, et j'utilise toujours, une chambre photographique à plaques, avec des châssis à l'arrière. À ce moment-là, ce n'était pas mon appareil : le photographe avec qui je partageais mon studio possédait une chambre demi-plaque, de cinq pouces sur sept, donc plus grande qu'un quatre par cinq. Elle était en bois et avait appartenu à un maharadjah en Inde. Ses châssis en bois se retiraient en pivotant sur une charnière, sans sortir complètement, ce qui donnait un geste très doux. C'était précieux, car pour une double exposition dans l'appareil, il faut le moins de mouvement possible, rien qui fasse trembler l'appareil.

J'ai d'abord fait fabriquer les barreaux, ce qui était facile. Les mains sont celles de mon frère jumeau, recouvertes de peinture blanche de scène. Tout le studio était occulté avec du feutre noir, y compris sous le cadre qui tenait les barreaux. Comme les mains étaient blanches et les barreaux chromés, ce niveau de lumière très élevé faisait monter l'exposition, si bien que rien du noir n'apparaissait, ni texture ni quoi que ce soit d'autre. J'ai ainsi obtenu plusieurs feuilles de film, que j'ai fixées avec du ruban adhésif à l'intérieur du châssis pour qu'elles ne puissent absolument pas bouger. Un millimètre d'écart suffit à donner une double exposition par-dessus les mains ou les barreaux, vous allez comprendre quand je vous expliquerai pour les étoiles. On glisse donc le châssis dans l'appareil, toujours à fond, jamais légèrement sorti, de sorte qu'à chaque fois qu'on le remet pour la seconde exposition, on sait que le film est exactement à la même place.

J'ai photographié les mains avec les barreaux, puis j'ai dessiné les mains et les barreaux sur le verre dépoli à l'arrière de l'appareil, pour que mon frère puisse partir. Il est resté environ une heure, dans la même position. J'ai ensuite fabriqué un carton noir d'un mètre cinquante de large environ, dans lequel j'ai percé une constellation de trous d'épingle de tailles différentes, avec de petites épingles et des épingles un peu plus grosses, pour obtenir cette sensation de Voie lactée un peu laiteuse. Cela a pris beaucoup de temps, probablement une journée entière. Il y avait une lumière vive derrière le carton pour voir ce que je faisais, et je travaillais en grande partie à travers l'appareil, depuis l'arrière, pour ne placer aucune étoile là où se trouvaient les mains ou les barreaux. C'était un exercice très minutieux. L'avantage, c'est qu'en cas d'erreur, il suffisait de boucher le trou avec un morceau de ruban adhésif.

J'avais dix ou douze feuilles de film avec les mains de mon frère, que j'ai pu remettre dans l'appareil pour la seconde exposition, en espérant que quelques-unes n'aient aucune double exposition. Je crois qu'il m'en restait trois ou quatre tout à fait nettes. Si vous regardez l'image, certaines étoiles sont très proches des barreaux, et c'est ce qui la rend si réaliste : il n'y a pas de grands vides autour des barreaux ni autour des mains.

Laurent Rieppi : Combien de temps a pris la réalisation de l'ensemble ?

Paul Wakefield : Cinq jours environ, dans mon studio, avec seulement mon assistant. Le groupe n'était pas là et le directeur artistique n'est pas venu. Aujourd'hui, quand on fait une photographie, toute une équipe est derrière vous, vous donne son avis et se met en travers du chemin. À l'époque, on me disait : "D'accord, allez-y." Pour un grand décor, des gens seraient venus, il y aurait eu des modèles, toutes sortes de choses. Là, c'était un petit décor, avec une seule autre personne dans l'image, la main de mon frère.

Plus tard, les membres du groupe sont venus dans mon studio et je les ai photographiés sans rien sur eux, avec des hauts-de-forme et des queues-de-pie, pour la feuille intérieure. Je ne sais pas pourquoi, ni de qui venait l'idée, mais c'était une jolie petite histoire. Au dos de la pochette, ils regardent vers le haut, et quand on la déplie, ils regardent les barreaux qui flottent dans l'espace. Il y avait aussi une feuille intérieure où les costumes et les hauts-de-forme étaient posés par terre, je crois que c'était la feuille des paroles.

Laurent Rieppi : Comment le groupe a-t-il réagi en découvrant le résultat ?

Paul Wakefield : C'est amusant, les gens étaient beaucoup plus détendus à l'époque. Ils attendaient simplement que les choses se fassent. Quand vous disiez que vous feriez quelque chose et qu'ils voyaient le résultat, ils répondaient : "Super, on y va." Les groupes étaient les gens les plus calmes, je les ai toujours trouvés incroyablement détendus. Ils ont aimé, oui, mais sans en faire trop. Ils considéraient comme normal d'avoir une bonne pochette.

C'était cela, l'art du vinyle : parfois absolument magnifique, parfois nul. En général, quand c'était nul, c'est que l'idée de départ était mauvaise. Il y avait assez de très bons professionnels pour exécuter un travail, et même sans Photoshop, les gens étaient d'une inventivité phénoménale. Ils trouvaient toutes sortes d'idées. Vous connaissez Hipgnosis, et toutes les pochettes qu'ils ont faites pour des artistes ? Oui, on leur a volé des idées. Ces gens-là faisaient les choses pour de bon, et c'était fantastique.

Laurent Rieppi : La pochette de Crime of the Century me semble avoir saisi le son et l'esprit du groupe, jusqu'aux étoiles : tout y est lié à la musique. Elle a aussi très bien traversé le temps, elle paraît encore très fraîche aujourd'hui.

Paul Wakefield : Je dois dire que je pense qu'elle a été très réussie, et je suis ravi d'y avoir participé. Elle était simple. Il y avait beaucoup d'émotion dedans, les gens pouvaient s'y projeter, imaginer ce que ce serait, avoir peur ou rester calmes. C'était une de ces images qui permettent de franchir la frontière et d'entrer dans le tableau. C'est ce que j'essaie de faire dans une grande partie de mon travail : même devant un simple paysage, je veux que les gens se disent "waouh, j'aimerais passer de l'autre côté et y entrer". Si l'on y parvient, cela fonctionne.

Si vous comparez avec Crisis? What Crisis?, ce n'est pas du tout la même image. On ne peut pas retrouver la même émotion. C'est un style entièrement différent, une idée différente, un titre différent, et une époque différente, même si elle ne date que d'un an plus tard. Les temps étaient durs : nous avions une semaine de travail de trois jours au Royaume-Uni, avec beaucoup d'agitation politique.

Note de l'auteur : la semaine de travail de trois jours a été appliquée au Royaume-Uni entre 1973 et 1974.

Laurent Rieppi : J'ai récemment parlé avec John Helliwell, le saxophoniste du groupe. Il m'a expliqué qu'à leur retour des États-Unis au Royaume-Uni, les musiciens avaient découvert cette crise massive, et que ce fut le point de départ de l'album. De votre point de vue, qu'est-ce qui a été le point de départ de Crisis? What Crisis? ?

Paul Wakefield : Ce n'était pas mon idée, pour autant que je m'en souvienne. Pour être honnête, je ne me rappelle pas de qui elle venait. Cela pouvait venir du groupe, ou de Fabio Nicoli, le directeur artistique. Techniquement, elle a été réalisée d'une manière complètement différente, et le résultat est complètement différent. L'autre personne impliquée était Dick Ward, un retoucheur, illustrateur et graphiste anglais. Il a repris la photographie de l'homme que j'avais photographié en studio sur la moquette. Nous l'avions choisi pour incarner ce que beaucoup de gens considéreraient comme un employé de bureau typique de la petite classe moyenne anglaise, avec sa serviette et son parapluie, on le voit aller travailler en traversant un pont. Monsieur Tout-le-monde.

Pour le paysage de fond, je suis allé dans le sud du Pays de Galles, où se trouvent toutes ces aciéries, avec Fabio. J'y ai pris un grand nombre de photographies différentes en noir et blanc, en quatre par cinq. Nous sommes rentrés, je les ai fait tirer, et Dick Ward a assemblé toutes les images et ajouté les petits morceaux de pluie. Voilà comment cela a été fait.

Note de l'auteur : sur la pochette de Crisis? What Crisis? (1975), le personnage apparaît dans une chaise longue, sous un parasol, au milieu d'un paysage industriel. Le titre et le concept de la pochette sont attribués à Rick Davies, claviériste et chanteur de Supertramp.

Laurent Rieppi : Je trouve cette pochette très forte, avec l'homme en couleur devant un fond en noir et blanc. Elle donne quelque chose de puissant à l'idée de la crise.

Paul Wakefield : Ce sont deux choses différentes. Et la couleur est exagérée, elle fait penser à la couleur imprimée des magazines des années 60, si vous voyez ce que je veux dire. Ce n'est pas subtil. Le fond a aussi été doublé, redoublé, redoublé : c'est une combinaison de plusieurs images différentes, deux ou trois peut-être, je ne m'en souviens plus, car Dick a pris le relais. C'était beaucoup plus une collaboration entre lui et moi, et j'aime cela, j'aime travailler avec d'autres personnes, en général avec quelqu'un que j'apprécie, en discutant. Mais sur celle-ci, je crois que je lui ai simplement remis les tirages et qu'il s'en est chargé. Nous nous sommes retrouvés chez le directeur artistique, qui a dit : "Un peu plus de pluie ici, peut-être là."

Laurent Rieppi : J'ai vu sur votre site que vous travaillez maintenant davantage comme photographe de paysage, et que vous ne réalisez plus de pochettes. Vous ne travaillez plus avec des groupes ?

Paul Wakefield : J'en ai fait pendant une période très courte. J'avais deux styles en conflit. D'un côté, un amour de la photographie surréaliste, où il se passait des choses étranges. Certains photographes très étonnants faisaient dans l'appareil des choses que je ne m'explique toujours pas. Il y avait un photographe japonais, dont je n'ai plus entendu parler depuis des décennies, Bishin Jumonji, qui faisait les choses les plus folles, toujours avant Photoshop. Par exemple, une scène de piscine avec des gens allongés sur des transats et un homme qui plonge du plongeoir, avec des jambes trois fois plus longues que des jambes réelles. Comment a-t-il fait ? Je n'en ai aucune idée, et je ne le sais toujours pas. Si vous cherchez sur Google, vous trouverez quelques images. Je ne sais pas où il est, ni même s'il est vivant.

Il y avait aussi un magazine, à l'époque, qui s'appelait Zoom, ce qui est amusant puisque nous sommes sur Zoom. Je crois qu'il existe encore de temps en temps. C'était un magazine formidable, avec une photographie très inhabituelle, auquel j'étais abonné. J'adorais voir comment les gens résolvaient des problèmes, il fallait essayer de comprendre comment les choses avaient été faites.

J'avais aussi un côté de nature pure, qui me vient de mon enfance à Hong Kong. Il était très fort, et c'est lui qui l'a emporté à la fin. J'ai quand même réalisé des pochettes, et l'une de celles que je trouve vraiment réussies était pour Siouxsie and the Banshees. J'en ai fait quelques autres, un Rick Wakeman, des choses de ce genre. Mais je voulais revenir au paysage. Et je sais ce qui s'est passé : j'ai réalisé une pochette qui n'est pas très bonne du tout, pour Sally Oldfield. Nous sommes allés dans les Brecon Beacons, avec le directeur artistique et Sally. J'ai photographié Sally à côté d'une cascade, un simple portrait, puis le directeur artistique a teinté l'eau de couleurs arc-en-ciel hippies assez farfelues.

Sur place, je me suis dit : "C'est incroyable, c'est ça que je devrais faire, photographier ces endroits, et non rester dans un studio, dans le noir en permanence." L'hiver, on quitte la maison dans le noir, on va dans un studio sombre, on rentre dans le noir, on ne voit jamais la lumière du jour. Je me suis demandé ce que je pouvais faire. Je ne vois aucun intérêt à prendre des photographies si l'on ne peut pas en vivre. J'adore prendre des photographies, mais il faut aussi que cela rapporte de l'argent. C'est pour cela que je suis allé voir un directeur artistique, Adam Waldy, qui faisait à l'époque une campagne pour les cigarettes Benson & Hedges. Si vous voulez voir ce qu'était la photographie surréaliste en publicité dans les années 80, regardez cette campagne. Elle n'était pas compliquée, plutôt simple, car en publicité le message doit passer immédiatement : l'attention des gens dure très peu.

Je suis donc allé le voir avec toutes mes pochettes et tout mon travail d'édition, et au fond, quelques transparents quatre par cinq de paysages, montés très proprement. Il a parcouru toutes les pochettes en secouant la tête, absolument pas intéressé. Je me suis dit que cela ne menait nulle part. Alors j'ai dit : "J'ai juste ces paysages, voulez-vous les regarder ?" Il les a pris, et cela a complètement changé les choses. Il les a examinés avec beaucoup d'attention et m'a dit : "Si vous voulez avancer, arrêtez toutes ces pochettes, tout ce travail de studio, et concentrez-vous sur ces paysages. Ils sont vraiment très bons, personne ne fait cela." C'était en 78 ou 79. Je savais que personne ne le faisait, je n'en voyais pas autour de moi. On le faisait dans les livres, et en Amérique, avec des gens comme Ansel Adams, mais en noir et blanc, alors que les miens étaient en couleur.

Je lui ai répondu : "C'est bien joli, mais quel travail puis-je obtenir ?" Il a ouvert son meuble à plans et en a sorti des campagnes extraordinaires, faites uniquement de paysages, pour l'office du tourisme indien, pour de la photographie automobile, toutes sortes de choses. Il m'a dit qu'il fallait que je trouve un agent, m'a donné quelques noms, et m'a conseillé de ne montrer aucun travail publié, de me présenter comme un nouveau talent. Je travaillais depuis huit ans environ, et je me disais qu'on ne pouvait pas repartir de zéro. Mais je l'ai fait. J'ai fait comme si je n'avais jamais rien fait avant. Mon agent a montré mes transparents, et cela a changé ma vie. Et les clients payaient très bien.

Mais c'était extrêmement risqué, on n'avait pas le droit à l'erreur. J'avais passé huit ans en studio à faire des erreurs, et il faut en faire, tout le monde en fait, c'est ainsi qu'on apprend. Le plus souvent, personne n'était là pour les voir : je ne rapportais le travail que lorsqu'il était finalisé. Soudain, j'étais sur des campagnes publicitaires avec toute une équipe derrière moi, et à l'issue des trois, quatre ou cinq présentations, tout devait être impeccable. La courbe d'apprentissage était énorme. Pendant la première année, j'avais une peur terrible. Mais c'était aussi extrêmement excitant, parce qu'on vous confiait pas mal d'argent pour faire quelque chose dont ils ne savaient pas si vous en seriez capable, et parfois je ne le savais pas non plus. Quand on travaille en extérieur, on n'a aucun contrôle sur la lumière.

La première fois que je suis parti du Royaume-Uni pour l'Amérique, après quatre ou cinq ans de publicité ici, je voulais un agent américain, et j'en ai trouvé un. Ce qui intéressait les Américains au début des années 80, c'est que les photographes anglais avaient un style très pictural. Les photographes américains avaient un style beaucoup plus brillant, plus hollywoodien, en extérieur, parce qu'ils utilisaient d'énormes éclairages de cinéma. Les Anglais ne le faisaient pas, et moi non plus. Je me souviens de mon premier tournage en extérieur, une publicité automobile quelque part en Arizona : la première chose que le directeur artistique et le client m'ont dite, c'est : "Où est votre camion d'éclairage ?" Ils étaient paniqués, parce que je n'en avais pas. Ils m'ont demandé comment j'allais faire, et j'ai répondu : "Regardez où nous sommes."

Plus on travaille en extérieur, plus on remarque de choses, plus son stock d'informations sur la lumière naturelle grandit, et plus on se fait confiance. Cela a toujours fonctionné. Avec un directeur artistique créatif et un bon client, si vous n'obtenez pas exactement ce qu'ils attendaient, vous en discutez, surtout à partir des années 90, quand Photoshop est arrivé. Ils disaient : "Tout est très bien, mais regardez le ciel, il est mauvais." Je répondais que ce n'était pas un problème, que j'avais chez moi une bibliothèque de ciels. J'avais scanné quelques ciels dont je savais qu'ils iraient avec l'image, et je leur montrais le ciel à l'ordinateur, à côté de l'image, que je faisais encore en film, sous la forme d'un Polaroid quatre par cinq. Ils disaient : "Oui, ça marche." Ils pouvaient imaginer ce ciel sur cette photographie. Je pense que j'ai appris tout cela en réalisant ces pochettes, en cherchant des solutions à tous ces problèmes quand on n'avait qu'une quantité limitée de film et aucune retouche, ni numérique ni autre. On apprend une manière de faire complètement nouvelle.

Laurent Rieppi : Avec la situation actuelle dans le monde, je travaille toujours sur une exposition, et tout est très difficile à cause du Covid. Et vous, comment travaillez-vous en ce moment ?

Paul Wakefield : Quand le confinement a commencé, j'étais sur le point de conduire jusqu'en Écosse pour remettre une quantité de films négatifs couleur à la personne qui fait tous mes scans, des scans à tambour : on obtient cinq cents scans d'un gigaoctet. Évidemment, cela n'a pas pu se faire, puisque nous entrions en confinement. Ce n'était pas un travail nouveau, mais celui que j'ai réalisé dans les années 80 jusqu'en 2002 environ, en Inde. J'ai donc travaillé pendant tout le confinement sur ces images, qui feront un nouveau livre sur les pratiques religieuses en Inde, un autre sujet que j'ai abordé.

Laurent Rieppi : Savez-vous quand aura lieu votre prochaine exposition ?

Paul Wakefield : La prochaine exposition aura probablement lieu en Inde, avec ces photographies. Je la prépare avec une fondation culturelle indienne, à Bénarès, qui possède aussi une galerie, et c'est là qu'elle commencera, une fois le livre publié. Je ne sais pas quand il paraîtra, il devait sortir cette année. Pour être honnête, ce n'est pas très grave, car il ne s'agit pas d'un moment précis qu'il faudrait montrer : ce sont les pratiques religieuses que les gens accomplissent chaque jour en Inde, il y a vingt ans, il y a deux cents ans, aujourd'hui, et dans deux cents ans. Cela se poursuit, donc la date n'a pas vraiment d'importance. Là encore, c'est de la photographie directe, pas de studio, pas de paysage : des gens dans la rue qui font des choses. C'est une autre flèche de mon carquois. L'exposition aura probablement lieu l'an prochain, et quand nous aurons un calendrier, je commencerai à publier des images sur Instagram.

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Portrait d'Anthony Phillips jouant de la guitare 12 cordes en studio, casque sur les oreilles

Anthony Phillips et les débuts de Genesis jusqu'à la réalisation de l'album "Trespass"

Portrait d'Anthony Phillips jouant de la guitare 12 cordes en studio, casque sur les oreilles
Anthony Phillips. Photo : Prog_Ress / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Cofondateur de Genesis et guitariste du groupe à ses débuts, Anthony Phillips raconte la naissance de la formation à Charterhouse School en 1967, puis l'enregistrement de l'album "Trespass" à l'été 1970 aux Trident Studios de Londres. Il évoque aussi son travail avec le producteur John Anthony et la façon dont il voulait faire sonner sa guitare 12 cordes.

Anthony Phillips fonde Genesis en 1967 avec Mike Rutherford, Peter Gabriel et Tony Banks, sur les bancs de Charterhouse School. Il quitte le groupe en 1970, après l'enregistrement de Trespass, puis mène une carrière solo qui compte notamment The Geese & The Ghost (1977) et la série d'albums Private Parts & Pieces.

C'est le 9 janvier 2007 que je l'ai interviewé, en anglais, et c'est cet entretien, traduit en français, qui ouvre la section Archives interviews du site. Anthony Phillips y revient sur la formation de Genesis, sur les conditions d'enregistrement de Trespass et sur les choix de sons qui ont fait l'identité du groupe à cette époque.


Laurent Rieppi : Pouvez-vous nous expliquer comment le groupe Genesis s'est formé, tout au début ?

Anthony Phillips : Le groupe s'est formé à Charterhouse School en 1967, entre Mike Rutherford et moi, qui jouions dans différents groupes à l'école, où nous reprenions les Beatles, les Rolling Stones et ce genre de choses. Les deux plus âgés étaient Peter Gabriel et Tony Banks, qui écrivaient des chansons ensemble. Nous nous sommes retrouvés comme deux duos d'auteurs, d'un côté les claviers, de l'autre la guitare, et Genesis est parti de là. Au début, c'était vraiment un groupe d'auteurs de chansons. Nous avons fait un ou deux singles, puis le premier album, et nous étions encore avant tout des auteurs. Quand nous avons fait Trespass, c'était complètement différent, parce que nous avions passé neuf mois sur la route et que nous étions devenus un véritable groupe. C'est ce qui s'est vraiment passé durant les deux ou trois premières années.

Laurent Rieppi : Où et quand cet album a-t-il été enregistré ?

Anthony Phillips : Il a été enregistré en 1970 aux Trident Studios, à Londres, dans le West End, juste à côté de Wardour Street. C'est un studio très connu, où Elton John enregistrait beaucoup. Je crois que les Beatles y ont enregistré "Hey Jude". Ils enregistraient beaucoup à Abbey Road, mais on m'a dit par la suite qu'ils avaient enregistré "Hey Jude" à Trident. Beaucoup de gens très célèbres y sont passés. Nous étions évidemment très impressionnés, mais nous étions sur la route depuis neuf mois et nous n'avions pas vraiment le temps de changer notre répertoire de scène. Nous sommes donc entrés en studio pour enregistrer à peu près les morceaux que nous jouions en concert. Certains groupes, quand ils font un album, enregistrent d'autres titres, mais nous n'avions pas le temps de les répéter. Nous sommes arrivés là en sortant de la route, vers la fin avril 1970, et nous avons enregistré en plein été. L'album est sorti à l'automne.

Laurent Rieppi : Combien de temps a pris l'enregistrement ?

Anthony Phillips : C'est une très bonne question, et je ne m'en souviens vraiment pas. Probablement pas très longtemps, parce que nous étions rapides et qu'il s'agissait en réalité de passer en revue notre set de scène. Je pense que cela a pris deux semaines, pas plus. Nous avons enregistré les bases, puis quelques ajouts. Notre producteur de l'époque s'appelait John Anthony, un homme très gentil. À cette époque, on ne vous laissait pas intervenir au milieu d'un morceau. Si vous vouliez ajouter un instrument, il fallait repartir du début du titre, et certains morceaux, "Looking for Someone", "Stagnation" et "The Knife", étaient longs. Pour une raison ou pour une autre, ils n'aimaient pas enregistrer au milieu d'un morceau. Je me souviens que Mike Rutherford a dû rester assis cinq ou six minutes pour attendre le moment d'ajouter un passage de guitare classique. Quand on attend cinq ou six minutes avant de jouer, on est très nerveux au moment d'y aller. Cela prenait donc un peu plus de temps. Aujourd'hui, on intervient instantanément, mais à l'époque, c'était assez basique. Je pense que cela n'a quand même pas pris plus de quelques semaines, parce que nous étions rapides.

Laurent Rieppi : Vous avez parlé de John Anthony. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre travail avec lui en studio ?

Anthony Phillips : Il n'avait pas beaucoup de choses à changer musicalement. Certains producteurs sont impliqués dès le départ : vous avez une idée, une base de chanson, mais vous ne savez pas encore comment la faire sonner, comment l'habiller pour qu'elle passe au mieux auprès du public. Nous, nous avions une manière de faire très arrêtée, et il n'y avait pas le temps pour que quelqu'un vienne nous dire que nous faisions fausse route. Nous avions aussi été signés par Charisma Records pour jouer de cette façon. Ils aimaient les chansons et ne voulaient pas que nous changions tout. Il y a peut-être eu une suggestion pour un instrument supplémentaire ou une harmonie en plus, mais nous avons à peu près tout fait comme sur scène, avec quelques ajouts, ce qui ne laissait pas beaucoup de marge de manœuvre à John Anthony. Son rôle était double, je crois. D'abord, il nous donnait confiance, parce que nous n'avions pas fait beaucoup de studio. C'était un homme très drôle et très amical, qui nous mettait à l'aise, nous encourageait et ne s'impatientait pas. Ensuite, et c'était la deuxième partie, la plus importante, il s'agissait de traduire techniquement cette musique de scène en un enregistrement qui sonne bien. Cela se passait entre lui et l'ingénieur du son, qui s'appelait Robin Cable.

Laurent Rieppi : Peut-être une question sur le budget. Vous souvenez-vous de ce qu'il était ? Je crois qu'il était assez limité.

Anthony Phillips : Je n'en ai absolument aucune idée. À l'époque, on ne posait tout simplement pas la question. Je n'avais que 17 ou 18 ans, et la dernière chose que j'aurais faite, c'était de demander combien coûtait le studio de l'heure. Nous n'en avions aucune idée. Je pense que personne ne s'en souciait vraiment. Nous étions très responsables, nous n'allions pas perdre de temps. Il s'agissait de nous trouver un bon studio, un bon producteur, de nous mettre au travail et de veiller à ne pas gaspiller de temps. Je pense que l'album a probablement perdu de l'argent au départ, mais comme nous étions rapides, il n'a pas dû coûter très cher.

Laurent Rieppi : Pouvez-vous nous parler des guitares que vous avez utilisées pour enregistrer cet album ?

Anthony Phillips : J'ai utilisé à peu près ce que je jouais sur la route. À la guitare électrique, c'était ma Stratocaster, et pour l'acoustique, uniquement une 12 cordes. Mike Rutherford changeait davantage d'instrument : en plus de la basse, il jouait de la 12 cordes acoustique, et il a aussi enregistré quelques ajouts à la guitare classique à cordes nylon, deux ou trois. Moi, je me limitais à la guitare électrique et à la 12 cordes. Ce qui était intéressant, c'est que je voulais pour la 12 cordes un son très particulier, très différent de ce que font la plupart des gens. La plupart l'utilisent comme un instrument de percussion : on gratte pour accompagner le chant, et dans un morceau chargé, on n'entend souvent presque rien d'autre que le bruit du médiator. On disait que cela sonnait comme une planche à laver. Nous, nous étions beaucoup plus attachés au son même de la 12 cordes, ou de deux 12 cordes, et aux harmonies. La dernière chose que nous voulions, c'était qu'elle sonne comme cela. Je me souviens d'un système où je l'enregistrais avec un micro de contact (un capteur) branché sur mon petit préampli, pour m'éloigner de ce son trop dominé par le médiator. Ce n'était pas un son extrêmement brillant, mais une 12 cordes très brillante, jouée au médiator dans un morceau, pouvait donner l'impression de quelqu'un qui joue d'une planche à laver. J'ai eu un accrochage avec Robin Cable, un ingénieur du son très connu, qui m'a dit que cela ne sonnait pas comme une 12 cordes. Je lui ai répondu que pour moi, si. C'était le son que je voulais. Cela a été difficile, parce que nous étions très inexpérimentés, et qu'il arrivait avec toute son expérience en me disant que j'étais naïf. Cela a donc été un petit combat, mais je pense que j'avais absolument raison. Nous avions ce son, et tout tenait grâce à lui. Si j'avais complètement changé de son, cela aurait affecté le son d'ensemble du groupe. Il a fallu nous battre un peu pour garder la manière dont nous avions pris l'habitude de travailler. John Anthony, lui, n'y a vu aucun problème.

Laurent Rieppi : Pouvez-vous nous parler de l'écriture et de l'enregistrement du titre "Looking for Someone" ?

Anthony Phillips : Mes souvenirs de chaque titre sont un peu flous aujourd'hui, car cela remonte à environ 3 000 ans. "Looking for Someone" était à l'origine un titre de Peter Gabriel. La chanson de base, Peter Gabriel et Tony Banks l'ont écrite ensemble, Tony l'a aidé à la développer. La partie instrumentale qui en découle, nous l'avons composée collectivement, à peu près à l'époque où nous avons écrit "The Knife". Ces deux titres ont donc un noyau, une chanson tout à fait classique avec une sorte de couplet et de refrain. Ensuite, la partie instrumentale est née d'improvisations, et c'était vraiment une composition de groupe. Sur "Looking for Someone" comme sur "The Knife", la partie instrumentale qui prend le relais est l'œuvre de tout le monde ensemble. Ce n'était pas Gabriel et Banks d'un côté, Rutherford et moi de l'autre. Chacun apportait sa part, et je pense que c'est pour cela que c'est fort : le développement de ces deux titres est celui d'un groupe entier, à partir de ce que nous appelions le noyau de la chanson. Mais "Looking for Someone" est bel et bien parti d'un titre de Peter Gabriel. Nous avons toujours trouvé que cela sonnait un peu comme du Stevie Winwood, dont nous étions tous fans.

Laurent Rieppi : Comment décririez-vous l'atmosphère pendant l'enregistrement de cet album, au sein du groupe ?

Anthony Phillips : Pour moi, pour être franc, c'était difficile, car j'avais eu beaucoup de difficultés sur la route auparavant. C'est amusant de m'entendre tousser maintenant, parce que j'ai l'air d'être toujours malade. Mais juste avant l'enregistrement, j'avais fait une bronchopneumonie, ce qui n'était pas aussi grave que cela en a l'air. C'était comme la toux que j'ai aujourd'hui, mais en bien pire. Nous avions donc eu deux semaines de repos loin de la route avant d'entrer en studio. Personnellement, je me sentais un peu déprimé. Je pense que tout le monde était plutôt reposé, puisque nous ne tournions plus. L'atmosphère était donc plutôt bonne, je crois. John Anthony avait la main très légère, il était drôle, il nous encourageait et, comme je le disais, il nous donnait confiance. Nous avons dû livrer quelques batailles, comme je l'ai dit, avec Robin Cable, mais il était très gentil lui aussi.

Laurent Rieppi : Quel est votre titre préféré sur cet album ?

Anthony Phillips : Je ne crois pas en avoir vraiment un, c'est plus une question de souvenirs. Peut-être "Stagnation", parce qu'il comporte beaucoup de sections différentes, et c'était amusant. J'ai particulièrement aimé jouer les parties de deux 12 cordes avec Mike pendant que Tony jouait certaines parties d'orgue. C'était un bon moment.

Laurent Rieppi : Il me semble qu'une part de votre écriture subsiste sur l'album suivant, sur certains titres sur lesquels vous aviez travaillé et que le groupe a ensuite repris avec de la nouvelle musique.

Anthony Phillips : C'est un sujet un peu délicat. Il n'y a aucun problème entre moi et les autres membres du groupe à ce propos, mais c'est vrai : il y a deux morceaux qui ont été commencés avant mon départ. De petites parties seulement, mais j'ai bien participé à leurs débuts. D'ailleurs, sur un de mes propres albums, Archive Collection One, nous avons publié une version démo de la première partie de ce qui s'appelait "F-sharp One".

Laurent Rieppi : Que pouvez-vous nous dire de la pochette de l'album ?

Anthony Phillips : C'était un groupe de gens très sympathiques et très réceptifs. Je pense que la pochette semble le refléter. Il est arrivé, par le passé, que l'on aille à des réunions sur les pochettes, que les gens paraissent très gentils, puis qu'ils reviennent avec quelque chose de très étrange, où l'on ne comprend plus rien. Mais la pochette qu'ils ont imaginée, qui combinait une approche un peu médiévale, un peu anglaise, avec un élément discordant, le couteau, je la trouve très réussie. Je crains de ne plus me souvenir du nom de la personne qui l'a réalisée, mais vous me demandez de me rappeler quelque chose de très ancien. Désolé.

Note de l'auteur : la pochette de Trespass est signée Paul Whitehead, nom dont Anthony Phillips ne se souvient pas ici.

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Interview Tom Barman de dEUS "How To Replace It" par Laurent Rieppi

Si vous souhaitez revoir l’interview de Tom Barman à l’occasion de la sortie du nouvel album de dEUS « How To Replace It » que j’ai eu le plaisir de réaliser la semaine dernière à Anvers pour Classic 21, vous pouvez réécouter et revoir ça en image ici: 

https://auvio.rtbf.be/media/deus-de-retour-apres-10-ans-dabsence-avec-how-to-replace-it-2999775

Capture d’écran 2023-02-19 à 19.05.50

 

 

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Le "Ska revival" revival … Interview avec Pauline Black des Selecter

Pauline Black? Ce nom vous dit vaguement quelque chose mais vous ne vous souvenez pas vraiment …? Petit indice en bas de votre écran…

« Ah oui… voilà, On My Radio, je me souviens » Maintenant que votre mémoire est revenue, découvrons une petite interview de la chanteuse qui fait son grand retour avec les Selecter. Effectivement il semblerait qu’il y ait un véritable revival du « ska-revival » de la fin des années 70 et du début des années 80. Un revival du revival? Complètement dingue ça … Après Madness, The Specials, The Selecter are back … Petite interview exclusive pour ce blog, puis je vous annonce que vous pourrez entendre très prochainement une interview exclusive de Pauline Black sur Classic 21 dans le cadre de la Nuit du Reggae avec Eric Laforge. Ce sera pour le 14 mai!

Pauline Black est la chanteuse du groupe de ska-revival The Selecter …

LR: Quand et comment êtes-vous tombé amoureuse de la musique ?

PB: Je crois vers 10 ans. En effectuant les tâches ménagères pour ma mère, je chantais alors toutes les chansons de la Motown lorsqu’elles passaient à la radio.

LR: Racontez-nous une histoire amusante de l’époque des Selecter.

PB: Lorsque Gap Hendrickson et moi débutions avec l’orchestre, nous collions des papiers avec les paroles sur le devant de la scène. C’est la raison pour laquelle nous bougions autant à nos débuts 😉 C’était tellement fatigant que nous nous sommes empressés de les apprendre par cœur.

LR: Vous avez également travaillé pour la radio et la télévision, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

PB: J’ai travaillé pour la télé, des théâtres et diverses stations de la radio nationale au Royaume Uni durant ces trente dernières années. J’ai même eu mon propre show dans les années 80 : « Black on Black » (Noir sur noir), le premier programme pour les noirs par des noirs au Royaume Uni. J’ai participé à plusieurs séries de fictions, interprétant divers personnages. J’ai été récompensée de plusieurs prix pour mon interprétation de Billie Holiday sur les scènes londoniennes et pour celle d’une femme américaine du sud profond dans « From the Mississippi Delta » au début des années 90. J’ai présenté plusieurs séries de programmes à la radio traitant du reggae, du ska et du 2-tone ainsi que de  la place  des femmes dans les médias.

LR: Voici donc le retour des Selecter. Que pouvons-nous attendre de votre concert en Belgique ?

PB: La même grande énergie, des chansons de scène comme celles qui ont fait la renommée des Selecter. Gap et moi, les chanteurs des débuts, travaillons avec un merveilleux groupe de musiciens. Nous nous sommes adjoints une section de cuivres et le son est impressionnant. Nous allons jouer des morceaux comme « On My Radio »,  « Too Much Pressure », « Three Minute Hero » & « Missing Words » etc, mais nous allons également faire la promotion de notre nouveau simple : « Big in the Body-Small in the Mind » pour la première fois. Nous pensons qu’il est nécessaire pour des groupes de l’époque des 2-Tone d’aller de l’avant tout en rendant hommage à nos succès du passé.

LR: Qu’écoutez-vous sur votre iPod ou comme CD en ce moment ?

PB: Une toute nouvelle chanson que je viens d’écrire avec Jah Wobble, intitulée : « Rocks ». J’ai rencontré Jah Wobbles en Belgique lorsque son groupe et les Selecter partageaient l’affiche du
Sinner’s Day Festival le 31 Octobre 2010. (le Festival de la Fête du pécheur). Son livre « Memoirs of a Geezer » est publié par Serpent’s Tail qui publiera le mien, « Black by Design »,  le 4 août prochain. Nous sommes devenus amis de manière instantanée et nous avons décidé d’écrire un album ensemble. Ce sera plus expérimental que ce que font les Selecter, mais nos premiers essais sont excellents, je suis donc très impatiente. Mais en ce moment toutes mes pensées vont vers le prochain album des Selecter « Made in Britain » qui est sur le point de se’achever et qui sortira le 1er septembre prochain.

Plus d’informations sur Pauline Black et les Selecter: Le site officiel de Pauline Black

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Et si Jeff Beck avait été le guitariste de Pink Floyd?

 « Et si Jeff Beck avait été le guitariste de Pink Floyd? »

Ce titre parait énorme, un peu comme un scénario d’un bon vieux film américain de science fiction… Et pourtant, cela aurait très bien pu avoir lieu.

Vous ne me croyez pas? La réponse en son (extrait d’une interview que j’ai réalisé avec Jeff Beck par téléphone il y a quelques semaines)

Qu’en pensez-vous? Que serait devenu Pink Floyd avec Jeff Beck et sans David Gilmour?

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